En cette fin juillet, il est difficile de rester optimiste sur le millésime 2026. Il se présente comme une expression supplémentaire du dérèglement climatique. En Loire Atlantique, patrie des Muscadets, nous déplorons 6 « aléas » sur les 8 derniers millésimes : 75% ! Je suis même choqué de l’écrire…voici l’histoire récente :
2019 : gel de printemps et sécheresse
(2020 : Covid19)
2021 : gel de printemps
2022 : canicule historique
2024 : filage de printemps et excès de pluie / mildiou
2025 : sècheresse
2026 : canicule historique
Avec pour conséquences des récoltes réduites de 30%, 50% ou 70%, des vignes fatiguées voire meurtries, des vignerons désemparés et des économies exsangues.
Quelle entreprise peut-elle subir de tels chocs et survivre ? Beaucoup de vignerons tiennent encore, malgré ces violences, avec chacun leurs raisons : passion, détermination, patrimoine familial, prêts bancaires …
En cet été 2026, après avoir travaillé si dur, le résultat de notre engagement, de nos sacrifices n’est plus entre nos mains. Comme en 2022 et en 2024, bien plus que par le passé.
Un agriculteur doit être un véritable stoïcien pour se détacher de ce qui ne dépend plus de lui et garder espoir en l’avenir, ou croire au ciel ! Il faut avoir cette foi pour recommencer chaque année sans savoir ce que sera la prochaine « claque » que nous infligera ce dérèglement. Dame Nature est malade, atteinte par ces activités humaines qui ont déréglé son équilibre.
Alors j’ai l’impression que nous, les vignerons, sommes entrés en religion depuis ce mois de juillet. Scrutant le ciel, les prévisions météo pour espérer la moindre pluie salvatrice. Pas seulement pour notre récolte, à court terme, mais pour préserver nos ceps, nos sols, nos entreprises qui auront du mal à s’en remettre…
Avec l’énergie qu’il nous restera, il faudra réagir vite et fort, trouver d’autres solutions pour les prochains millésimes.
L’avenir n’est jamais certain, mais la guerre a commencé.
